version "SPIP&BLIP" du site (flash) interface horaires d’ouverture : du mercredi au samedi de 14h à 19h, le vendredi jusqu’à 20h et sur rendez-vous contactez nadège ou skype interface
 

vincent carlier catalogue monographique

Le 16 avril 2009, par appartement/galerie Interface,

Creer un PDF

Le hors champ du signe ou la survivance de l’histoire en milieu hostile

Il y a quelques années encore le livre Guinness des records recélait une aura particulière pour quelques pré-adolescents (principalement masculins), en mal d’insolite, de rivalité, voire de monstruosité et qui, de toute évidence, trouvaient dans l’ouvrage une variante un rien plus distinguée du célèbre « qui a la plus grosse ? ». Le livre Guinness, à lui seul, contenait alors ce que nous pensions être tous les héros de la vacuité du monde, une sorte d’amicale internationale des bizarres et marginaux de tous pays. Au fil des pages, photos à l’appui : l’homme à la peau la plus tatouée [1], la famille la plus poilue [2], la sculpture en ballon la plus rapide [3], le plus long lancer d’homme [4]… Bref, une culture de l’extraordinaire se donnait en spectacle. Ce que le livre tentait, et continue, de faire, Phinéas T. Barnum l’avait déjà réalisé à la fin du XIXème siècle avec son célèbre cirque. Sous le sensationnel chapiteau du « P.T. Barnum’s Grand Traveling Museum, Menagerie, Caravan, and Circus », il proposait aux visiteurs une rencontre avec la sirène des îles Fidji, le Général Tom Pouce ou la nourrice de George Washington âgée de plus de 160 ans… Ces démonstrations sensationnelles devaient leur succès au caractère fabuleux des différents « numéros ». Le livre Guinness tout comme le cirque Barnum misaient alors sur l’intrusion d’éléments censément prodigieux à l’intérieur du contexte trivial de la réalité quotidienne. L’arrivée, en 2005, de YouTube et Dailymotion a bouleversé notre rapport à ces formes insolites d’exhibitions. Si l’on peut trouver sur ces sites de partages de vidéos toutes sortes de films sur une variété incalculable d’étrangetés en tout genre, ils restent avant tout les outils d’une représentation du banal transfiguré, de l’extraordinaire à portée demain, de l’inepte démonstration. De l’antagonisme à une forme de conciliation, de la collision au frottement, les sphères du bizarre et du réel n’ont fait que se rapprocher jusqu’à finir parfois par se confondre. Les exploits du quotidien, les talents de l’inutile, les chorégraphies de salle de bain, les défis du dimanche, ont fini par faire la peau à l’homme élastique [5]. Et malgré des commentaires du type « Je ne sais pas si c’est la danse ou les fringues qui font le plus pitié », la danse de JeyJey dans le sous-sol de la maison de ses parents parvient a être vue plus de 11 920 394 fois sur YouTube [6]. Les foules qui se déplaçaient pour voir les frères siamois ou la femme à barbe, ont désormais un accès direct à Numa Numa le gros chanteur playback à lunettes [7] ou à Chris Crocker le fan hystérique de Britney Spears [8]…

extrait du texte de Guillaume Mansart

voir l’exposition de Vincent Carlier à Interface

Vincent Carlier

24 X 17 cm - 80 pages - ill. coul.

coproduction : interface (dijon), ensa de dijon, musée de l’hospice saint-roch — epcci (issoudun)

Français/anglais

ISBN : 2-9518341-3-6

prix : 10 euros + 4 euros de frais d’envoi

pour commander, envoyer un chèque à :

Interface

12, rue chancelier de l’hospital 21000 DIJON

Notes :

[1] « Le Néo-zélandais Lucky Diamond Rich a passé près de 1000 heures de sa vie à se faire tatouer. Et la contribution d’une centaine de tatoueurs. Après des motifs multicolores, il a choisi la sobriété en se faisant tatouer le corps entièrement en noir. Y compris paupières, oreilles, mâchoires et la peau entre ses orteils. Aujourd’hui, il revient à des motifs blancs superposés à des motifs colorés. », Livre Guinness des records.

[2] « Un cauchemar pour les rasoirs, la trouille des coiffeurs : la famille Ramos Gomez ! Les dix-neuf membres sont tous atteint d’hypertrichose congénitale généralisée. Traduction : le corps des hommes sont recouverts à 98% par des poils épais, tandis que les femmes “ profitent “ d’un duvet plus fin. », Livre Guinness des records.

[3] « Les enfants en raffolent et à ce rythme-là, John Cassidy peut en faire pour tout le monde. Il lui a suffit de 6,5 secondes pour créer, avec un peu d’habilité et pas mal de souffle, un chien en ballon de baudruche. Un record pas près de s’envoler… », Livre Guinness des records.

[4] « 1,98 mètres, 135 kilos, Juha-Matti Räsänen n’est pas du genre à rigoler. Surtout quand on sait qu’il est le détenteur du record de lancer d’humanoïde à mains nues. Cet homme fort venu de Finlande a envoyé à plus de 5,40 mètres sa pauvre cible d’à peine 60 kg. », Livre Guinness des records.

[5] « Garry Turner est atteint du syndrome d’Ehlers-Danlos qui entraîne un déficit de collagène se traduisant par un relâchement de la peau et une hyper mobilité des articulations. Quand une maladie devient source d’un record insolite, ça donne une peau qui s’étire de presque 16 cm sur le ventre… », Livre Guinness des records.

[6] http://fr.youtube.com/watch ?v=ZkGum1YYkGk&feature=related.

[7] Vidéo vue sur Youtube plus de 24 999 921 fois http://fr.youtube.com/watch ?v=60og9gwKh1o .

[8] Vidéo vue sur YouTube plus de 11 532 261 fois http://fr.youtube.com/watch ?v=LWSjUe0FyxQ .

 

Galerie d'images

 

Poster un commentaire

SPIP 1.9.1 | BliP 2.3 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 21 (241985)