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Blitz Gianni Motti horsd’oeuvre n°13

Le 17 décembre 2003, par appartement/galerie Interface,

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GIANNI MOTTI

[horsd’oeuvre n°13 - 2003]

BLITZ, 2003

600 x 420 mm - Impression offset 1 coul. sur couché mat 250 gr

Tirage : 200 exemplaires numérotés et signés par l’artiste

Prix unitaire : 50 euros (+ 6 euros de frais d’envoi)

Pris encadré : 110 euros (+11 euros de frais d’envoi)

"Invité à la première Biennale d’Art Contemporain de Prague en 2003, Gianni Motti ne sait qu’y faire, quoi présenter. La veille du vernissage, à la terrasse d’un café, il prend un verre avec le commissaire d’exposition, s’excusant de n’avoir rien pu produire… Quand passe une patrouille de militaires américains. « Je vais vers eux avec la plaquette de la Biennale et je leur explique que pour cette première édition nous avons besoin de sécuriser les lieux. À 16 heures, le lendemain, la patrouille est là, en uniforme, son chef donne des ordres et dispose ses hommes armés aux quatre coins du palais d’exposition. Nous étions alors en pleine guerre d’Irak et six mois après la prise d’otages dans un théâtre à Moscou !"

Empire et Terreur "L’état d’exception devient aujourd’hui la règle, et ce, sous nos yeux. L’actuel rapport planétaire entre sécurité et terreur, entre démocratie et contrôle rend cet état d’exception non une mesure provisoire ou une procédure d’urgence, mais une véritable technique de gouvernement. Et il semble que cette suspension permanente du droit soit une énième forme de la condition impérialiste, qu’elle en soit le visage meurtrier. J’ignore si le public, Praguois et étrangers, qui s’est rendu au Veletrzni Palác le 26 juin dernier pour l’inauguration de la première édition de la Biennale de Prague, a été troublé par un événement inhabituel, imprévu, à la fois intriguant et menaçant. Car ce fut assurément une épreuve, de ces épreuves fortes. Mais de quoi s’agissait-il, au juste ? D’un blitz tel que celui du théâtre Dubrovka à Moscou et qui survenait maintenant à la Galerie Nationale de Prague ? S’agissait-il d’un coup militaire ou de simples agents de sécurité chargés de garder le contrôle de la situation ? S’agissait-il d’un état de siège provisoire ? S’agissait-il d’une arrestation en masse ? Au-dessus des salles d’exposition, quatre soldats américains tireurs d’élite, certains braquant leur Super Rifle dont ils sont inséparables, d’autres vous observant à la jumelle depuis des plates-formes suspendues à trente mètres du sol, juste sous le toit vitré de la salle d’exposition principale. Élever et abaisser les yeux d’une photo ou d’un tableau, entrer dans les box d’installations vidéo, parcourir le couloir de l’exposition impliquait de ne jamais sortir de leur champ d’observation, de leur contrôle permanent. En conséquence de quoi, cette tribune artistique, lieu sûr et protégé, s’est retrouvée transformée en un lieu dangereux, menaçant, par les gardiens même de l’ordre et de la sécurité. Autre conséquence : l’inversion complémentaire du rôle de spectateur qui, outre qu’il devient objet d’observation, peut à tout moment se sentir gagné par un sentiment de culpabilité ou même avoir l’impression de devenir un otage potentiel. Cette situation met en évidence l’ambiguïté dérivant de la notion même de « sé-curité », en tant que devoir relevant exclusivement de l’état politique, qui, de par sa nature, est forcée d’admettre sa fragilité inhérente : son exposition potentielle, permanente, au terrorisme peut finir par la transformer elle-même en une machine terroriste. Parmi les œuvres exposées, l’unique référence à l’action militaire était représentée sur un écran de télévision, par l’expression embarrassée de George W. Bush, filmé quelques instants avant qu’il n’annonce l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Irak ; la scène était diffusée sur un écran posé sur un tapis rouge arborant la faux, le marteau, et le drapeau de la République tchèque. Sur le côté, une étiquette indiquait le nom de l’auteur de la vidéo Shock and Awe, ainsi que de l’installation tout entière : Gianni Motti." (..) extrait de l’article de Marco Scotini paru dans le journal horsd’oeuvre n°13, ce numéro parlait des attitudes.

 

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